English version bellow

Ce matin-là dès l’aube, Marc et moi étions prêts à naviguer de nouveau le Pacifique, avec comme moyen d’y parvenir, notre bateau gonflable de quatorze pieds et notre moteur. Nous espérions toujours rencontrer des dauphins ou même peut-être avoir la chance de croiser quelques baleines à bosses!

Sur la route vers Anini Beach / On the road to Anini Beach

Le Pacifique est un océan imprévisible qui change d’humeur rapidement, sa houle peut monter en flèche et devenir les vagues immenses que les surfeurs s’arrachent tant par ici, sur la rive nord de Kauai à Hawaii. Je me sens souvent très petite dans mon embarcation sur cette immensité bleue, mais mon désir de voir et photographier ces immenses mammifères marins l’emporte et je préfère essayer de dominer ma peur. En effet, quand j’aperçois une vague surgir de l’horizon en déferlant dans ma direction, je m’agrippe très fort au bateau, comme si j’avais à chaque fois, un tsunami devant les yeux.


Ce matin de janvier là, la mer est calme et le ciel est bleu à Anini Beach, tout laisse croire que l’expédition sera parfaite et facile. Nous réussissons à sortir de la baie par l’étroit chemin identifié par une bouée flottante à peine visible. La dernière fois que nous avons navigué par ici, nous n’avions pas eu de chance, nous avions tenté la sortie un peu trop loin de la bouée. En trois secondes, une vague nous avait pris par surprise, et nous avions eu une grosse poussée d’adrénaline et de peur lorsque nous avions dû affronter la vague de front, et nous avions volé, plané et l’atterrissage n’avait pas été des plus plaisants.  Aujourd’hui est un autre jour et nous sommes à la bonne place au bon moment. Mon capitaine a confiance et je lui ai dit oui, quand il m’a invité à aller jusqu’à l’île aux oiseaux, en face du phare de Kilauea.

Le phare de mon village, Kilauea / My village lighthouse, Kilauea

Nous nous sommes approché du but à une vitesse lente et c’était paisible. L’eau est d’un bleu foncé et on ne voit désormais plus le fond de l’océan ni ses têtes de corail. Nous longeons la côte de Secret beach à une distance d’environ un demi-kilomètre, quelques Royal Tern et d’autres espèces d’oiseaux marins locaux nous accompagnent et découpent harmonieusement le bleu du ciel de leur blanc immaculé. Secret beach est reconnue pour ses courants forts extrêmes, des dauphins et des phoques sont souvent aperçus aux alentours. Devant nous, la vue du phare de mon village est impressionnante, jamais je n’avais vu ce lieu de cet angle-là. Après avoir fait quelques photos, nous rebroussons chemin, traversant Kapukaamoi Pointe vers Hanalei, qui est pour moi l’endroit le plus beau que je n’ai jamais vu, un vrai petit paradis terrestre.

Au retour, la navigation se fait plus en douceur avec ce vent qui nous pousse dans le dos. La vue est plus impressionnante de ce côté, avec les montagnes pointues de la Napali Coast au loin et l’eau maintenant devenue d’une turquoise éclatant et transparente. À quelques reprises, une tortue passe devant nous, elles sont immenses au large et à chaque fois, c’est un émerveillement de les rencontrer.

Tortue! / Turtle!

Notre fille Béatrice a passé la nuit chez une amie à Hanalei et nous avons l’idée soudaine d’aller la chercher directement là-bas en bateau au lieu d’arrêter à Anini comme prévue, je réussis à lui parler et nous fixons un rendez-vous sur le quai pour l’embarcation. Nous avons quinze minutes de navigation supplémentaires à effectuer direction nord pour s’y rendre, à notre gauche, la ville de Princeville se dessine tranquillement, les plages sauvages apparaissent une à une et chacune comporte beaucoup de souvenirs. Combien de fois, depuis notre arrivée sur l’île en 2013, avons-nous descendu ses falaises pour camper un soir, pour relaxer mais surtout pour faire de l’apnée et photographier cette magnifique vie sous-marine Hawaiienne.

Le quai d’Hanalei / Hanalei pier

Continuant notre chemin en direction d’Hanalei, Marc remarque une forte éclaboussure d’eau au loin, nous nous approchons tranquillement et je deviens absolument énervée à la vue de ce qui semble être un dauphin. Doucement, les détails commencent à apparaître et par surprise nous identifions sa joyeuse présence, celle d’un baleineau à bosse! Sa queue noire et blanche frappe l’eau avec un tel enthousiasme, ce bébé enjoué semble avoir à peine un mois. En gardant toujours une bonne distance, nous observons et je photographie la beauté de la scène…en même temps, je me questionne vraiment où se trouve sa mère? Après environ huit minutes seules avec le baleineau, un souffle long se fait enfin entendre suivi de ce puissant jet d’air habituel, elle est enfin là, juste derrière son bébé, immense, se déplaçant doucement et avec tant de grâce.

Nous gardons nos distances sans bouger car ces deux baleines sont trop intimidantes pour que l’on puisse faire autre chose que de rester figé et regarder. Nous avons eu droit à encore quelques secondes de spectacle avant que la fin se manifeste et que dans un mouvement de tourbillon, la mère et son petit s’unissant pour plonger, exactement au même moment en formant un duel synchronisé à la perfection. Ensuite, plus rien, elles avaient disparues…

Quelle chance ou heureux hasard nous avons eu Marc et moi, ce matin-là, d’avoir été patient, d’avoir risqué, continuer et d’avoir aussi pu changer notre plan initial de revenir à Anini.

Et pour moi cette rencontre matinale dans ce lieu de beauté tropicale avait valu amplement, tout son trouble…le bateau, son entretien, nos peurs, la houle, tout, tout, tout!

Baleines à bosses en visite à Hanalei / Humpback whales visit Hanalei

English:

Perfect synchronicity in Hanalei

That morning at dawn, Marc and I were ready to sail the Pacific again, with our 14 foot inflatable boat and engine as a means of doing so. We were still hoping to meet dolphins or maybe even have a chance to meet some humpback whales!

The Pacific is an unpredictable ocean that changes mood quickly, it’s swell can soar and become the huge waves that surfers are looking for so much here on the north shore of Kauai, in Hawaii. I often feel very small in my boat on this blue immensity, but my desire to see and photograph these huge marine mammals wins and I prefer to try to dominate my fear. Indeed, when I see a wave emerging from the horizon while breaking in my direction, I cling very strongly to the boat, as if I had each time, a tsunami in front of the eyes.

This January morning, the sea is calm and the sky is blue in Anini Beach, everything suggests that the expedition will be perfect and easy. We manage to get out of the bay by the narrow path identified by a barely visible floating buoy. The last time we sailed here, we had no luck, we tried the exit a little too far from the buoy. In three seconds, a wave had taken us by surprise, and we had a big rush of adrenaline and fear when we had to face the wave head on, and we had flown, hovered and the landing had not been most pleasant. Today is another day and we are in the right place at the right time. My captain has confidence and I told him yes, when he invited me to go to Bird Island, opposite the Kilauea lighthouse.

We approached the goal at a slow speed and it was peaceful. The water is dark blue and we no longer see the bottom of the ocean or its coral heads. We drive along the coast of Secret beach at a distance of about half a kilometer, some Royal Tern and other species of local seabirds accompany us and cut harmoniously the blue of the sky of their immaculate white. Secret beach is known for its extreme strong currents, dolphins and seals are often seen nearby. In front of us, the sight of the lighthouse of my village is impressive, never I saw this place of this angle there. After taking some pictures, we turn back, crossing Kapukaamoi Pointe to Hanalei, which is for me the most beautiful place I’ve ever seen, a real little paradise on earth.

On return, navigation is more smooth with the wind that pushes us in the back. The view is more impressive on this side, with the sharp mountains of the Napali Coast as a background and the water, now become a bright and transparent turquoise. A few times, a turtle passes in front of us, they are huge offshore and each time, it is a wonder to meet them.

Our daughter Béatrice spent the night at a friend’s house in Hanalei and we have the sudden idea to pick her up directly there by boat instead of stopping at Anini as planned, I manage to talk to her and we make an appointment on the dock of Hanalei. We have fifteen minutes of additional navigation north to get there, on our left, the city of Princeville draws quietly, wild beaches appear one by one and each has many memories. How many times since we arrived on the island in 2013, have we descended its cliffs to camp one evening, to relax but especially to snorkel and photograph this beautiful Hawaiian underwater life.

Continuing our journey towards Hanalei, Marc notices a strong splash of water in the distance, we approach quietly and I become absolutely excited at the sight of what seems to be a dolphin. Gently, the details begin to appear and by surprise, we identify his happy presence, that of a humpback whale! His black and white tail hits the water with such enthusiasm, this playful baby seems to be barely a month old. By always keeping a good distance, we observe and I photograph the beauty of the scene…at the same time, I really wonder where is his mother? After about eight minutes alone with the calf, a long breath is finally heard followed by this powerful jet of air, she is finally there, just behind her baby, huge, moving slowly and with such grace.

We keep our distance without moving because these two whales are too intimidating for us to do anything other than stay frozen and watch. We were treated to a few more seconds of spectacle before the end appeared and in a whirlwind movement, the mother and her baby uniting to dive, exactly at the same time, forming a synchronized duel to perfection. Then, nothing, they had disappeared…

How lucky or fortunate, Marc and I was, that morning, to have been patient, to have risked, to continue and to have also been able to change our initial plan to return to Anini.

And for me this morning meeting in this place of tropical beauty had amply appreciated, all its trouble…the boat, its maintenance, our fears, the swell, everything, everything, everything!

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